Karine DRH (adhérente Germe et présidente d’un groupe)

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

karine-1.pngIl y a 5 ans, j’ai décidé de sauté le pas et d’avoir mon propre cheval. Je n’avais pas de critère particulier de choix si ce n’est qu’il soit en bonne santé, que nous puissions faire ensemble de belles balades, un peu de dressage, l’important était que le feeling passe entre nous. Kalypso pèse près de 600 kg, soit plus de 10 fois mon poids, il avait déjà 11 ans lors de notre rencontre.
Il faisait du concours de saut d’obstacles et avait vécu plein de vies avec d’autres cavaliers.

Le parallèle avec nos rencontres en entreprise est simple à imaginer …
Le rapport de force a peu de chance de fonctionner, la mémoire
et l’expérience de chacun façonnera  ses comportements à venir…

Son caractère affirmé et très gai (il est démonstratif lorsqu’il est content, ou pas …) lui a joué des tours puisque personne ne le sortait en balade, la plupart des cavaliers appréhendaient de travailler avec lui et le rentrait au box dès le cours achevé…Il a également été « brusqué » pour sauter de gros obstacles ce qui a eu pour résultat de le « planter » comme on dit dans le milieu (en concours il passait les 2 premiers obstacles, point final), mais tout cela je ne l’ai appris que plus tard !!! Le joli Kaly était écoeuré.

Il me semble avoir déjà croisé des managers enclins à couper les ailes de leur collaborateur, n’est-ce pas  compliqué lorsque l’on prend la suite ???

Lorsque nous avons été présentés, je l’ai regardé longuement dans les yeux, il avait l’air un peu résigné mais il y avait cette petite étincelle dorée au fond et toutes ces petites marques (une longue liste blanche sur le chanfrein et des jolies balzanes) qui lui donnaient une vraie personnalité !
J’ai souhaité l’emmener au club où je monte habituellement, il m’a suivi tranquillement dans le van, n’a pas bougé une oreille pendant le trajet, près d’une heure, c’était un bon départ.
Le lendemain, une fois familiarisé avec  son nouvel environnement, je décidais de monter sur son dos et de commencer à travailler tout en continuant à faire connaissance. Résultat du 1er quart d’heure : pas terrible du tout, incompréhension de mes demandes malgré une écoute attentive de sa part ; nous n’étions pas en phase, ce n’était pas le cheval avec lequel j’allais briller en concours de dressage.

Lorsque l’on devient manager d’une équipe, on n’en choisit pas forcément
tous les membres, il suffit souvent de laisser le temps au temps afin de
créer les conditions d’une bonne et efficace collaboration…

Pour éviter de rester sur une frustration mutuelle, nous partons faire une petite balade, seuls dans le bois d’à côté, rênes longues mais je suis prête à réagir si besoin.

Etre à l’écoute, lâcher prise, établir une confiance mutuelle…
en créant du plaisir à partager ce que l’on fait ensemble…

approfondissement6-karine-2.pngMa première balade avec MON cheval, je suis trop heureuse, je fredonne, il m’écoute et avance franchement, sans hésitation sur ce terrain inconnu. Nous arrivons au début d’une belle allée, bien large, bien verte, idéale pour galoper mais je ne demande rien, les rênes toujours posées, je lui laisse le choix. Kalypso s’arrête net, il tourne sa tête et me regarde comme s’il n’en revenait pas, je souris et lui demande on y va ? Je reprends mes rênes, et c’est parti ! Il galope de bon cœur et ralenti avant le chemin piétonnier, juste à ma voix. Ce moment était magique, pur plaisir pour tous les 2 et je suis convaincue que malgré nos imperfections mutuelles nous allons faire plein de choses « extra-ordinaires » ensemble.

Pour lâcher prise, il faut parfois être un peu fou, prendre des risques,
est-ce que ce n’est pas cela aussi être manager ?

Aujourd’hui, le respect, la complicité et la confiance sont bien ancrés (malgré les chutes et les surprises…), ce n’est pas simple tous les jours. Kalypso réagit de 2 manières différentes selon mon état d’esprit du moment, il me fait écho ou il compense en m’envoyant « paître ».
Kalypso me donne des choses intéressantes durant nos séances de travail (sauf quand je ne suis pas vraiment avec lui), il progresse (et forcément moi aussi), et c’est réciproque dès que l’on sort en extérieur, je sais qu’il est fiable (même si parfois il montre qu’il est très heureux et qu’il me surprend) et il a sa part d’autonomie.

En bref, la générosité dont le cheval fait preuve mérite que l’on s’engage réellement à lui donner au moins autant et cela fructifie avec le temps.
Avec nos équipes, le chemin est similaire, nous avons le devoir de nous impliquer, de nous engager et d’écouter avant d’exiger, c’est la meilleure voie vers la réussite.

 

Publié dans Témoignages

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