Ségolène

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Aussi loin que je m’en souvienne, le cheval a toujours fait partie de ma vie et de mes rêves. Et pourtant, les premières expériences n’ont pas toujours été heureuses : chutes, coups de pied. Qu’importe le virus était là. Des années de cours plus tard, empreints d’enseignements basés sur une culture militaire, l’approche a évolué. Elle s’est ouverte à une plus grande écoute de l’animal et de son fonctionnement. La vraie recette de cette complicité homme–cheval. Exit ou presque, le « je décide et tu cèderas ». Et les faits le prouvent : essayer d’imposer votre autorité à un cheval qui pèse 400, 500, 600 kg. Peine perdue. Alors que s’intéresser au comportement du cheval, vous fera gagner un temps précieux.
Aujourd’hui mon rêve est devenu réalité. Et de la plus belle des manières : un poulain. Celui de la jument de famille. Onze longs mois d’attente, 700 km parcourus pour traverser la France et découvrir les premières heures de mon complice Udji. Merveilleux premiers instants où je me suis fait tout petite pour laisser ce poulain et sa mère vivre ce qu’il leur appartenait.
Seule la confiance qu’elle avait en moi, en l’humain, m’a permis d’approcher ce frêle poulain.
Et de jours en jours, le lien s’est construit. J’ai observé cette jument apprenant les règles de vie à ce poulain intrépide. Sans m’immiscer. Jamais. Peu à peu, sa curiosité l’a poussé à venir vers moi, à me faire confiance, etc.
Est venu le moment du sevrage. Séparation difficile mais nécessaire entre la mère et son petit. Je suis alors devenue la référente, la dominante.
Des heures à jouer, à poser les bases de cette route à deux.
De quoi presque oublier ses trois ans « fatidiques » où petit cheval devenu grand pourra être monté. Udji s’est révélé sage et appliqué sous la conduite de la professionnelle qui lui a inculqué les bases nécessaires. Mais les bases restaient des bases. Marcher, trotter, galoper.
Le 5 juillet 2011, jour J. Le jour où j’ai décidé de me lancer. M’acceptera-t-il ou pas sur son dos ? J’avais le temps. Il avait confiance. Je n’oublierai jamais nos premiers pas, ces premières sensations. Udji m’a acceptée, du haut de son 1,71.
Merveilleux instant.
Puis tristes instants.
La mort est passée tout prêt pendant plus d’un an. Nous avons connu les allées de la clinique vétérinaire de Gand en Belgique. Une dizaine de fois. La vie en box, le stress. Il se déplace les organes. Les coliques sont souvent fatales chez les chevaux.
Depuis avril 2013, Udji vit au grand air, toute l’année dans les prairies morbihannaises. Mutation heureuse, j’ai pu revenir aussi. Depuis, les balades ont repris, les cours aussi. Plus de problèmes de santé depuis plus d’un an. J’ai essayé d’écouter le plus possible, ce cheval, mon cheval. Il me le rend au centuple. Il reconnait ma voiture, mon pas et m’attend à la barrière.
Je crois que tout cela porte le nom de complicité.
Je vous la souhaite.

 

Ségolène

Publié dans Témoignages

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