Un cheval territorial à La Chapelle Gaceline

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Au-delà de ces expériences ponctuelles, les missions de long terme assignées aux chevaux de travail sont plus rares. Ces missions de long terme sont associées aux chevaux dits territoriaux, qui possèdent d’ailleurs leur congrès annuel à Trouville, ville pionnière sur le sujet. En Morbihan, après la ville de Pont Scorff qui utilise un cheval territorial depuis quelques années, c’est la commune de La Chapelle Gaceline, en pays de La Gacilly, qui s’est dotée d’un cheval territorial, Nayak, en juillet 2009.
La Chapelle Gaceline est résolument la commune du cheval avec la mise en place d’un cheval territorial, mais également l’organisation des « Folles journées du Cheval » le deuxième week end de septembre,  l’accueil du premier Théatre équestre de Bretagne de Patrick Massé, artiste équestre renommé pour ses spectacles avec des chevaux lusitaniens, d’une sellerie d’art et l’organisation à trois reprises de Equi cités.
A l’image de Gaceline, le personnage à l’effigie de la ville, La Chapelle Gaceline cultive la recherche d’une qualité de vie en accord avec son cadre verdoyant.

La naissance de l’idée

En 2008, à la recherche d’une idée fédératrice pour leur commune, le maire et les adjoints ont rendu visite aux élus de la commune de Saint Pierre sur Dives en Normandie. L’objectif de ce déplacement était de rencontrer l’attelage communal. En effet, sur cette collectivité, le transport scolaire se fait quotidiennement en calèche avec un cheval de trait et 2 employés communaux. Sur la commune voisine de Trouville, la collecte des déchets est également réalisée par un attelage communal. En Normandie, pays du cheval, les chevaux territoriaux sont déjà très développés.
Cette visite a permis de constater que le projet était viable, et les élus ont alors décidé de se lancer dans l’aventure. Les Haras Nationaux (aujourd’hui Institut Français du Cheval et de l’Equitation) les ont accompagnés dans la mise en place de cette expérience, leur apportant un soutien technique non négligeable.

Le cheval aujourd’hui…

Après la phase de mise au point du projet, La Chapelle Gaceline a acquis Nayak, dressé par Monsieur Maubec de Porcaro, en juillet 2009. Il transporte quotidiennement depuis janvier 2010 les enfants de l’école à la cantine, à la médiathèque ou en promenade. Nayak est mené par Aurore. Un second cheval, Opérat, l’a rejoint au pâturage. Et ainsi en paire le trajet devient une vraie balade pour les chevaux…
La commune de La Chapelle Gaceline a souhaité développer les activités avec son cheval et devenir une véritable équi-cité, en réalisant l’arrosage, le transport des déchets verts, la distribution du bulletin municipal avec le cheval… Pour le quotidien, des anneaux ont été fixés en plusieurs endroits du bourg pour permettre l’attache des chevaux qui participent au nettoyage et au fleurissement de la commune. Pour les grands jours, la calèche est également au coeur de la vie du village en accompagnant les cérémonies officielles, les jeunes époux qui le souhaitent ou pour transporter le père Noël. Quant aux animations communales, elles se font bien évidemment avec les chevaux territoriaux. Au printemps, il est également envisagé de mettre le cheval à disposition des habitants, pour remplacer le motoculteur : moins bruyant et tout aussi efficace!
Tous ces projets démontrent l’inventivité de La Chapelle Gaceline, qui crée de nouveaux services avec son cheval territorial. C’est également là l’un des points porteurs de la réutilisation des chevaux de travail : ils permettent de repenser le monde dans une réelle optique de développement durable.
Et il existe encore des tas d’idées à découvrir et développer

Les Equi cités : des démonstrations grandeur nature

Pour fêter la première année de services hippomobiles de son cheval territorial, la Chapelle Gaceline et l’association Mille Sabots ont décidé de s’associer le jeudi 3 juin 2010 afin de présenter aux collectivités un panel des actions qui pouvaient être mises en oeuvre par des moyens hippomobiles : transport de personnes, tonte, collecte de corbeilles, entretien de voirie et d’espaces verts…
A travers le partage d’expériences et la démonstration, les élus et les membres des services techniques et environnement ont pu observer et s’informer sur les nombreuses possibilités offertes par les moyens hippomobiles.
Les objectifs de cette journée étaient nombreux :
• Permettre un partage d’expériences, en donnant la parole aux communes pilotes, afin qu’elles fassent partager aux autres collectivités les freins et les atouts d’une telle démarche.
• Convaincre par l’exemple : les discours ne remplaceront jamais la démonstration réelle, c’est pourquoi cette journée a été décidée.
• Encourager les nouvelles actions, en permettant aux collectivités qui se poseraient des questions de venir discuter avec des professionnels de la traction animale et avec des collectivités ayant déjà mis en place des actions.
• Valoriser l’expérience des précurseurs: que ce soit pour des opérations ponctuelles ou de plus long terme, les collectivités qui ont osé remettre de l’équidé dans la cité méritent d’être mises en avant. Cette journée est l’occasion de présenter les expériences menées dans la région.
Il est nécessaire de voir les chevaux au travail pour pouvoir en envisager l’impact environnemental et social, et pouvoir ensuite l’imaginer chez soi.
Cette journée était également l’occasion de donner une idée des préalables indispensables pour garantir le succès de ce type d’opération.
En effet, tout projet de collectivité intégrant des équidés nécessite 3 ingrédients indispensables pour garantir son succès:
• Une volonté politique forte, pour recueillir l’adhésion la plus large possible à un projet, qui à l’heure actuelle, peut encore être qualifié de précurseur
• Une formation du personnel adaptée, garante de la pérennité de l’usage du cheval
• Un projet préparé avec soin, pour garantir sa viabilité économique à long terme

http://www.lachapellegaceline.fr/les-chevaux-communaux/

 

 

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