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9 articles avec avis d'experts

Roland GUINCHARD, psychologue clinicien

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Roland GUINCHARD, Psychologue clinicien, Psychanalyste, conférencier et accompagnateur d’équipe de direction auteur, entre autres, de « Personnalités difficiles ou dangereuses au travail », il signe la préface du livre “communication professionnelle et management, et si vous en parliez à votre cheval” de Guillaume ANTOINE.
Découvrir et comprendre le monde sensoriel, émotionnel et mental du cheval, son mode de fonctionnement, ses besoins et ses envies tout en apprenant à nous mettre à l’écoute des messages qu’ils nous adressent est une fantastique école pour nous comprendre nous-même.
L’approche EPONAQUEST développée par Linda Kohanov (« Le Tao du cheval ») permet de se mettre à l’écoute des messages que le cheval nous envoie sur nous-même. A nous ensuite de choisir de les prendre en considération ! Pour un cavalier, cela veut tout simplement dire « apprendre à écouter ce que l’autre a à nous dire et le considérer ». Le cheval parle à l’humain et nous l’avons vu et compris le 23 mai.
L’approche éthologique permet de comprendre comment fonctionne le cheval et d’utiliser sa sensorialité pour s’adresser à lui. Tout simplement, le cheval peut comprendre ce que l’humain lui demande. L’Homme communique avec le cheval.
Pour les cavaliers, par une plus grande compréhension du fonctionnement du cheval et par une meilleure connaissance d’eux-mêmes, la combinaison des 2 approches ouvre la perspective d’une relation mutuelle authentique, profonde et performante !

 

Roland GUINCHARD, psychologue clinicien

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Marine SHERHAG

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Brigadière-chef - Régiment de cavalerie 1er escadron.

Après avoir débuté quelques années à poney, mon oncle étant aussi cavalier, m'a offert pour Noël mon premier cheval MOHICAN. C'est un grand cheval avec beaucoup de caractère qui n'apprécie guère que sa liberté soit entravée mais je crois que ma douceur féminine l'apaise et il me le rend bien.
Les années passent, mes études me prennent du temps et MOHICAN nécessite beaucoup d'attention, plus que je n'ai la possibilité de lui en donner, c'est donc à contrecœur que je suis obligé de m'en séparer.
Je ne veux pas abandonner ma passion pour autant.
J'ai donc poursuivi ma passion à travers mon métier en intégrant le régiment de cavalerie de la garde républicaine au cours de l'été 2010 à ma plus grande joie.
Je découvre alors de magnifiques chevaux hors normes tant par leurs morphologies physiques que leurs aptitudes à servir en milieu urbain.

Chaque cavalier se voit attribuer un cheval durant sa carrière.

C' est comme ça que je fais la connaissance de TAVERNY, il a 5 ans et vient d'être affecté, lui aussi, au prestigieux régiment de cavalerie. Il débute sa carrière et n'a pas encore de cavalier.
Il est en phase d'apprentissage de son futur métier de cheval garde républicain.
J'ai tout de suite eu un coup de cœur, il a son petit caractère qui le rend très attachant.
Une relation de confiance s'installe et nous fait évoluer tous les deux en vue des missions de sécurité publique qui nous attendent.
Le temps passe, nous continuons de progresser ensemble, nous nous connaissons par cœur, notre complicité est de plus en plus importante et nous sommes capables de ressentir tous les changements d'attitudes l'un envers l'autre.
Avant tout cavalière et cheval militaires, nous débutons donc tous les deux nos premières patrouilles de surveillance générale, nos premiers services de sécurité publique, ainsi que nos premiers déplacements et tout cela sans le moindre faux pas, tout en le rassurant dans ses hésitations.
La symbiose homme - cheval ne s'arrête pas seulement à l'animal surtout dans cette institution où les relations humaines et l'esprit d'équipe sont de rigueur.

 Marine SHERHAG

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Lieutenant Jean-François LE BLAY

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Maître de manège, instructeur d'équitation et commandant du 1er peloton du 1er escadron du régiment de cavalerie de la garde républicaine.
  

Ma complicité avec les chevaux de la garde républicaine est un kaléidoscope d'expériences qui durent maintenant depuis trente ans.
Le cheval m'a apporté et continue de m'apporter beaucoup sur plusieurs plans. D'abord pour mon développement personnel, ensuite dans la prise d'expérience nécessaire à parfaire mon relationnel, et enfin dans la mise en place d'un management humaniste des personnels placés sous mes ordres.

Mon activité professionnelle équestre s'est caractérisée par un ciblage simultané des dimensions protocolaire ou de sécurité publique à cheval mais aussi de celles sportives,  et culturelles. Toutes  ont concourues largement à mon développement personnel.
Le premier constat à faire au contact du cheval c'est qu'il ne vous juge pas, c'est en quelque sorte une relation miroir qui s'établit avec lui où vous pouvez être vous-même et découvrir grâce à ses réactions qui vous êtes.

lieutenant-jean-f.pngCette relation homme-cheval a bien d'autres vertus en vous obligeant à accepter sa différence et son mode de fonctionnement basé sur l'instinct de fuite. Vous qu'il considère à juste titre comme un prédateur vous devrez pour travailler avec lui en toute sécurité l'écouter, l'observer puis le comprendre. Il vous obligera à laisser le « temps au temps ». Cette situation nouvelle pour l'homme pressé moderne révélera également à ce dernier le juste dosage émotionnel afin de mieux communiquer avec cet être sensible.

Le cheval vous fera découvrir la toute-puissance du langage du corps le fameux « body-langage » que vous utilisez déjà inconsciemment lors de toute prise de contact avec autrui. Il établira rapidement  avec vous un lien social car c'est d'un rapport de mammifère à mammifère dont il s'agit avec toute sa gamme de sentiments réciproques comme la crainte, le respect, la confiance et l'amour.

Lorsqu'un bon niveau de dialogue existera, il sera temps d'entreprendre œuvre commune. En effet, votre cheval, tout comme vous, a besoin de se sentir utile, d'avoir un but, une mission, un métier. Lorsque cette mission donne le sentiment à l'homme et à sa monture de concourir à un même but, la relation devient partenariale et ne se limite plus à celle exclusive de dominant à dominé. Les deux acteurs seront donc heureux s'entraidant l'un l'autre, devenant précieux l'un pour l'autre.
Le cheval prend une identité particulière pour celui qui le monte et le comprend, il s'ensuit naturellement un attachement réciproque très fort.
C'est ce dernier sentiment que j'observe entre la majorité des gardes républicains et leurs montures et que j'essaie de faire naître chez les nouvelles recrues homme ou cheval.

lieutenant-jean-f.pngParfois ce niveau de complicité peu atteindre dans certaines circonstances, notamment dans la pratique sportive, un niveau de symbiose qui permet à un couple homme cheval de fusionner dans un même creuset. On assiste, admiratif, à la « centaurisation » du couple bienheureux...Cette fusion permet aux deux acteurs d'exprimer au travers de leurs maîtrises techniques leurs propres personnalités artistiques. Ici débute l'équitation faite de gestes d'intention où il suffit que le cavalier pense à un mouvement pour que son cheval s'exécute. Cette connivence peut également naître dans un équipage, une équipe soudée pour arriver au même but où chacun reconnaît à l'autre ses particularismes et ses compétences.

Dans le management des équipes, le cheval m'a toujours aidé à décrypter les aptitudes physiques, émotionnelles et relationnelles de mes élèves ou personnels bien plus vite qu'en situation ordinaire. Le  « scan » des personnalités est rapide et le plus souvent fiable, d'ailleurs on l'utilise maintenant dans le monde de l'entreprise pour certaines formes de recrutement.

Le cheval exacerbe l'ensemble des actions-réactions dans la relation. C'est bien pour cela qu'il est fructueux, grâce à lui, d'organiser des incentives où les stagiaires progressent seuls ou en groupes lors d’exercices d'influence, d'autorité ou de projet en commun.

Je terminerai en disant que la grande majorité des chevaux exigent de nous un management où le leader-chip  se doit d'être crédible et digne de confiance, à cette condition l'amour d'un cheval n'est plus chose négligeable dans la vie d'un homme. La gouvernance des hommes n'en exige pas moins...

Lieutenant Jean-François LE BLAY

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Benoit CHARRON

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Comment emmener un cheval de 500 kg jusqu’à la haute école et ce dans une coopération totale, alors que son programme génétique ne le prédestinait pas à être monté ?

Après étude des grands maîtres de l’histoire, dans l’art de conduire les chevaux au manège («management»), cette formation permet de connaître les principes essentiels d’éducation des chevaux et ses modes opératoires.
Dans cette approche décalée qui transporte vers un autre monde, la sémantique du monde du cheval suggère une réflexion sur l’art de mener les Hommes. Le bon sens du meneur de chevaux peut enrichir, de ses fondamentaux et méthodes, tous les managers qui aiment à se reculer de leurs pratiques, et qui savent qu’un soupçon de réponse aux problématiques peut exister dans l’observation de la nature.
Rappel de la posture ancestrale des écuyers, manière de préparer le cheval à l‘effort, façon de susciter l’envie ou de récompenser… au-delà de la fascination qu’exerce la discipline savante du dressage des chevaux, l’art de l’effleurement opère un effet miroir grossissant sur notre société du 21ème siècle qui gagnerait à se souvenir.
De la gestion des résistances avec ces puissants animaux jusqu’à l’art de les emmener vers l’excellence, notre formations multiplie les va et vient entre sable du manège et moquette des bureaux, entre négociation avec l’étalon et dialogue avec les instances représentatives, entre débourrage et prise de fonction …


Benoit CHARRON - 06 09 73 15 42 – benoit.charron@captfa.fr - www.captfa.fr

 

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Stéphane BIGO

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Les maitres classiques soulignent que dans l’équitation de légèreté, le cheval semble absolument libre et parait « se diriger à sa guise ». Beudant précise : « le cheval doit conserver son équilibre sans le secours des aides ». D’Aure conseille de « placer le cheval et le laisser faire de lui-même au lieu de l’y contraindre ». D’Orgeix évoque la cadre des aides dans lequel le cheval se trouve « en pleine liberté musculaire ». Et Nuno Oliveira de conclure : « les cavalier qui laissent leurs chevaux libres sont ceux qui peuvent goûter les délices de l’art équestre ».
La connaissance du naturel du cheval, est un des premiers fondements de l’art de le monter, et tout homme de cheval en doit faire sa principale étude » écrivait La Guérinière au début du XVII siècle.
Les différentes éducations consistent à éduquer et à utiliser le cheval dans le respect de sa nature, et de s’éduquer soi-même pour être à la hauteur de cette tâche.

La prière du cheval :
Cavalier, laisse-moi te dire …
stephane-bigo.pngJe suis un coureur de prairies, j’aime les grands espaces. Fais-moi travailler en premier lieu dans la nature, car elle est ma joie de vivre. Je te donnerai en échange le meilleur de moi-même.
Je n’aime pas vivre seul, j’ai besoin de la compagnie de mes semblables pour galoper, pour manger, pour jouer ou pour me battre. S’il te plait ne m‘emprisonne pas.
Comme tout herbivore, je suis un animal de fuite. Je suis donc facilement impressionnable, l’agressivité me traumatise et en cas de danger, fictif ou réel, ma première réaction est de fuir. C’est pourquoi j’ai besoin que tu m’expliques, mais surtout que tu me mettes en confiance, avec patience, avec amour.
A ceux qui me dominent, j’offre ma force, ma rapidité, ma résistance.
Mais à ceux qui m’apprivoisent, j’ouvre les portes de ma propre magie. Car je suis plus qu’un moyen, je suis l’initiateur. Mon univers est celui d’un ordre oublié, celui des forces vives et des sensibilités où l’Homme retrouve son être originel et son identité.
Cavalier, si tu m’aimes … Médite et fais ce qui te convient.

Stéphane Bigo © 1985
Propose des formations et des grandes randonnées dans des contrées éloignées, de toute beauté.
www.stephanebigo.com - stephanebigo@sfr.fr - 04 75 43 51 60

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Anne-Sophie Huven – Ergothérapeute

Publié le par Bernard Veys Germe Morbihan

Au niveau thérapeutique, avec mes petits loulous polyhandicapés, nous avons la chance d’aller faire des séances de prise en charge avec un poney. Nous nous rendons dans un centre équestre une fois par semaine. Les “résultats” sont impressionnants. Les enfants sont souriants, détendus. Ils nous montrent de magnifiques choses. Un petit loulou complètement hypotonique qui arrive à se redresser, une petite poupée qui tient seule sur le poney en souriant. 

Les objectifs sont variés avec cette activité : travailler le tonus postural, travailler la proprioception, travailler et éveiller les sens, favoriser les échanges avec l’animal ...

Quand on parle cheval, on pense aussi aux grandes institutions. Le Cadre Noir de Saumur, la Garde Républicaine, le Haras du Pin,... des lieux où le cheval est mis en avant, où le cheval est au centre de tous les évènements.

L’approche humaniste et la pyramide des besoins de Maslow :

1. besoin physiologique :

et oui, le cheval ça se mange.... le fait d’abattre des chevaux pour nourrir les hommes à quand même permis de “sauvegarder” certaines races (chevaux de trait entre autre) qui, par l’apparition des machines motorisées, aurait pu disparaitre.

2. besoin de sécurité :

Le besoin de communiquer, avec sa monture, mais aussi avec les autres cavaliers, ce groupe de “potes” qui fait le même sport que toi.

3. besoin d’appartenance, d’amour :

plus difficile à expliquer.... mais appartenir à la famille des cavaliers, à une famille qui partage ta passion.

4. besoin d’estime :

l’estime de soi et de sa monture. La confiance et le respect de soi et de sa monture, afin de faire un “couple” et de réaliser des prouesses ou juste se faire plaisir.

5. besoin d’accomplissement de soi :

arriver à augmenter sa performance technique et sportive, faire des concours, travailler des figures techniques de dressage.... aller toujours plus loin dans la technicité, se dépasser.... mais toujours accompagner par un “ami”....
 

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Carole HAMILLE - Thérapeute Psychocorporelle

Publié le par Germe Morbihan

carole-hamille.pngLongtemps la relation de l’homme au cheval a été de l’ordre de la domination.
Le cheval était outil de travail, moyen de transport, et nourriture. Les besoins, les émotions en jeu, étaient ceux des humains, peu ceux des chevaux.
Or, la relation au cheval peut évoluer, s’enrichir, être plus juste pour chacun.
Certains humains se risquent à cette nouvelle relation.

Une relation où ces deux êtres existent ensemble, sans s’imposer mais dans une affirmation bienveillante.
Ces deux êtres en relation sont deux parties d’espace personnel qui communiquent dans un respect mutuel. Faire respecter son espace personnel, c’est d’abord et avant tout, prendre conscience de son existence par rapport à l’espace personnel de l’autre pour pouvoir clairement matérialiser les limites, dans le respect des espaces respectifs. Espace personnel corporel emotionnel. 
C ‘est ETRE avec son cheval, à pied, en liberté ou montée avant d’être « à cheval ».
La relation au cheval n’est alors plus domination, ni soumission, mais un échange équilibré et juste ou l’écoute, la perception de soi et de l’autre permet la relation et la création d’expérience de vie.
C’est une collaboration. Le cheval nous invite par son langage corporel à une relation motrice, sensoriel, dynamique où chacun expérimente l’écoulement ou le blocage de son énergie, de ses émotions par effet miroir avec lui.
Des qu’il y a rupture de l’échange, perte de l’écoute, de l’autonomie, une domination, la symbiose s’arrête.
Chaque cheval ayant sa propre personnalité et sa propre façon de la manifester (comme chaque humain), chaque rencontre humain/cheval est une découverte, un apprentissage de l’écoute de l’autre corporellement, émotionnellement, sensoriellement mais en même temps une découverte de soi par l’écho de cette rencontre.
Ainsi est la relation au cheval….et à l humain !                                                                                                     

Carole HAMILLE - Thérapeute Psychocorporelle

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Guillaume ANTOINE - Horses and coaching

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L’apport de la relation au cheval pour des managers et des dirigeants

«Manager» tire son étymologie du terme «managiere», employé dans les académies équestres de la renaissance et signifiant littéralement «emmener son cheval au manège», c'est-à-dire créer les conditions favorables à une coopération entre l’écuyer et sa monture.
Si l’on admet que la fonction première d’un manager consiste à fédérer et coordonner des énergies afin de les mettre au service d’un projet, on comprend alors que l’acte de management repose sur trois principaux registres : la communication, l’autorité, la coopération. Sur ces trois sujets, le cheval interpelle notre cohérence  interne. L’effet miroir que la rencontre avec le cheval déclenche permet à chacun de s’interroger sur ses propres fonctionnements et de mettre en œuvre, sans danger, les préconisations qui en découlent. Qu’il s’agisse de communication, de l’exercice d’une juste autorité ou bien des arcanes de la coopération durable, le cheval se comporte comme un véritable « expert » que 53 millions d’années d’existence permettent de valider. Le face-à-face avec le cheval agit comme accélérateur et facilitateur d’une prise de conscience des aptitudes et points de progrès de l’individu.
Confrontés quotidiennement à la recherche de performance, dans un environnement complexe, les managers, au sortir de cette « expérience » peuvent donner corps à cette maxime :
«De la qualité des liens relationnels dépend l’efficacité opérationnelle» CHAPUIS
Guillaume ANTOINE
HORSES AND COACHING
01 ROUTE DE LA FORGE 27220 BOIS LE ROY
06 81 19 05 24
horsesandcoaching.com
 

 

Guillaume ANTOINE - Horses and coaching

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Roland GUINCHARD

Publié le par germe-morbihan

Psychologue clinicien, psychanalyste, conférencier et accompagnateur d’équipe de direction auteur entre autres de « Personnalités difficiles ou dangereuses au travail », Roland Ginchard signe la préface du Livre “communication professionnelle et management, et si vous en parliez à votre cheval” de Guillaume ANTOINE et qui sera prochainement en librairie.

Le jour ou un cheval m'a murmuré à l'oreille.
J'ai toujours eu un problème avec l'autorité, et cette question m'amena à fréquenter les divans freudiens durant une petite quinzaine d'années avant d'en faire une profession. Pour cette raison, et beaucoup d'autres, je m'en suis trouvé bien, pouvant régler là quelques vieilles affaires en suspens pour cause de refoulement, mon inconscient prenant cependant bien soin qu'on ne touchât pas à cette générique question de l'autorité. Il paraît que c'est toujours comme ça : on est prêt à dépenser des fortunes pour ne pas toucher aux vrais problèmes. Dans ces cas-là " ce qui est forclos du symbolique, fait retour dans le réel " disent les psychanalystes, ce qui signifie plus simplement qu'à force de ne pas traiter le problème, il vous revient en pleine gueule. On appelle ça aussi le destin.
Il apparut, ce destin, sous la forme d'une invitation à participer à une rencontre d'études sur les "possibilités ouvertes par l'éthologie équine à la pédagogie de l'autorité et à la communication non verbale". J'aurais dû fuir, je ne l'ai pas fait et je ne le regrette pas.

Car la rencontre valait son pesant de picotin.
Après un peu d'incrédulité, puis d'étonnement, ayant reconnu en moi l'étincelle d'un intérêt avéré pour ce qui était énoncé, je me suis retrouvé dans un "rond" tracé dans le sable face à un cheval fort impressionnant mais très calme que je devais tenter de faire venir vers moi, de son plein gré, sans l'attacher d'une quelconque façon.
Évidemment malgré le briefing attentif des moniteurs, la démonstration de départ et l'accompagnement infiniment rassurant, je n'y suis pas arrivé, ni en usant de gentillesse, ni en usant de fermeté... essentiellement parce que mon vis à vis à quatre pattes semblait ne réagir et répondre qu'à des choses venant incontestablement de moi, mais qui m'échappaient complètement.
Il se trouve que je suis habitué à ce phénomène d'un "inconscient qui échappe", la preuve : c'est mon boulot. Mais jamais je n'avais rencontré un interlocuteur aussi peu bavard, qui fut capable de traduire ma question d'autorité en temps réel, sans erreurs, sans violence ni agressivité, attendant patiemment que je les entende à mon tour pour venir vers moi et me dire à l'oreille (interne) des choses simplement bouleversantes

Me permettant de dépasser tout respect de façade et accédant à la vraie bienveillance, le cheval m'a dit simplement que nous pouvions cesser de nous comporter comme de terrifiants sauvages de bonne foi.
Roland Guinchard - http://www.personnalites-difficiles-ou-dangereuses-au-travail.com/l-auteur/

Roland GUINCHARD

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